Bore et Testostérone : L'Oligo-Élément Sous-Estimé
Le bore est un oligo-élément capable d'augmenter la testostérone libre de 28 % en seulement 7 jours. Études cliniques, dosage optimal et synergie avec le zinc.
Source : Nootropios | Mis à jour : Février 2026 | Méthode : Analyse basée sur 6 essais cliniques et 3 études observationnelles sur le bore
Le bore est un oligo-élément trace dont le rôle dans l'optimisation de la testostérone est largement sous-estimé. L'étude de référence de Naghii et al. (2011) a démontré qu'une supplémentation de seulement 10 mg de bore par jour pendant 7 jours augmentait la testostérone libre de 28,3 %, réduisait l'estradiol de 39 % et diminuait les marqueurs inflammatoires (hsCRP, TNF-α).
Le bore agit par un double mécanisme : il réduit la SHBG (globuline liant les hormones sexuelles), libérant davantage de testostérone biodisponible, et inhibe partiellement l'aromatase, limitant la conversion de la testostérone en estrogènes. Ce ratio testostérone/estradiol amélioré crée un environnement anabolique favorable à la masse musculaire et à la composition corporelle.
Avec un apport alimentaire moyen de seulement 1 à 3 mg/jour dans les régimes occidentaux, la majorité des hommes n'atteignent pas les 6-10 mg nécessaires aux effets hormonaux. La supplémentation en bore représente l'une des interventions les plus simples, les plus rapides et les plus économiques pour optimiser la testostérone libre et réduire l'excès d'estrogènes.
Qu'est-ce que le bore ?
Le bore (symbole B, numéro atomique 5) est un métalloïde classé parmi les oligo-éléments traces essentiels à la santé humaine. Bien qu'il ne dispose pas encore d'un Apport Journalier Recommandé (AJR) officiel en Europe, les recherches des 20 dernières années ont révélé son rôle crucial dans le métabolisme minéral, la santé osseuse, la fonction immunitaire et, de manière particulièrement pertinente, le métabolisme hormonal masculin.
Dans l'organisme, le bore se trouve principalement sous forme d'acide borique (H3BO3) et de borates. Il est concentré dans les os, les ongles et les cheveux, mais exerce ses effets biologiques dans l'ensemble des tissus. Le bore participe au métabolisme du calcium, du magnésium et du phosphore, à la synthèse de la vitamine D active et à la régulation des enzymes impliquées dans le métabolisme stéroïdien, notamment l'aromatase et la 17β-hydroxystéroïde déshydrogénase.
L'intérêt pour le bore en tant que modulateur hormonal a été catalysé par les travaux du Dr. Forrest Nielsen au Grand Forks Human Nutrition Research Center de l'USDA dans les années 1980-1990. Ses études pionnières ont montré que la privation de bore chez les femmes ménopausées altérait le métabolisme du calcium et des stéroïdes, tandis que la supplémentation normalisait ces paramètres. Ces observations ont ouvert la voie aux recherches sur le bore et la testostérone chez l'homme.
Malgré ces données prometteuses, le bore reste l'un des suppléments les plus sous-utilisés dans les protocoles d'optimisation hormonale. Son coût est dérisoire (quelques centimes par jour), sa sécurité est bien établie et ses effets sont rapides (mesurables en 7 jours). Le bore représente ce que les spécialistes appellent un « quick win » en matière de santé hormonale masculine : un geste simple avec un retour sur investissement immédiat.
Mécanisme bore-testostérone : SHBG et estradiol
Le bore influence la testostérone par deux mécanismes principaux qui agissent en synergie pour améliorer le profil hormonal masculin. Le premier mécanisme est la réduction de la SHBG (Sex Hormone-Binding Globulin), la protéine plasmatique qui lie et inactive environ 60 à 70 % de la testostérone circulante. En réduisant les niveaux de SHBG, le bore augmente la fraction de testostérone libre, qui est la seule forme capable de pénétrer les cellules et d'activer les récepteurs androgènes.
Le mécanisme exact par lequel le bore réduit la SHBG implique probablement une modulation de la synthèse hépatique de cette protéine. La SHBG est produite par le foie en réponse aux estrogènes et à la thyroxine, et inhibée par l'insuline et les androgènes. Le bore, en réduisant simultanément l'estradiol, diminue le signal stimulateur de la production de SHBG, créant un cercle vertueux : moins d'estradiol produit moins de SHBG, ce qui libère plus de testostérone, qui à son tour inhibe encore la SHBG.
Le second mécanisme est l'inhibition partielle de l'aromatase (CYP19A1), l'enzyme qui convertit la testostérone en estradiol. L'étude de Naghii et al. (2011) a montré une réduction spectaculaire de 39 % de l'estradiol après seulement 7 jours de supplémentation à 10 mg de bore. Cette propriété anti-aromatase est particulièrement bénéfique pour les hommes en surpoids ou obèses, dont le tissu adipeux viscéral exprime de grandes quantités d'aromatase, favorisant la conversion de la testostérone en estrogènes et la dominance estrogénique.
Un troisième mécanisme, moins étudié mais potentiellement significatif, est l'effet du bore sur la vitamine D. Le bore prolonge la demi-vie de la 25-hydroxyvitamine D et du calcitriol (forme active), augmentant ainsi les niveaux circulants de vitamine D. Or, comme nous l'avons vu dans notre guide sur la zinc et magnésium (ZMA), la vitamine D est elle-même un cofacteur de la production de testostérone. Cette interaction croisée bore-vitamine D-testostérone crée un effet en cascade favorable à l'ensemble du profil hormonal masculin.
Études cliniques : l'étude Naghii 2011
L'étude fondatrice sur le bore et la testostérone est celle de Naghii et al. (2011), publiée dans le Journal of Trace Elements in Medicine and Biology. Cet essai clinique a évalué 8 hommes en bonne santé, âgés de 29 à 50 ans, recevant 10 mg de bore (sous forme de fructoborate de calcium) par jour pendant 7 jours. Les résultats ont été remarquables par leur ampleur et leur rapidité.
Après seulement une semaine, les participants ont montré une augmentation de la testostérone libre de 28,3 % (de 11,83 à 15,18 pg/mL), une réduction de l'estradiol de 39 % (de 42,33 à 25,81 pg/mL), une augmentation de la dihydrotestostérone (DHT) de 10 %, une réduction de la hsCRP (protéine C-réactive ultra-sensible) de 50 % et une diminution du TNF-α (facteur de nécrose tumorale) de 30 %. Ces résultats montrent que le bore agit simultanément sur l'axe hormonal et sur l'inflammation systémique.
Les travaux antérieurs de Nielsen et al. (1987) avaient déjà établi le rôle du bore dans le métabolisme stéroïdien chez les femmes ménopausées. Cette étude a montré que la privation de bore (0,25 mg/jour) augmentait l'excrétion urinaire de calcium et de magnésium et altérait les niveaux de stéroïdes, tandis que la supplémentation à 3 mg/jour normalisait ces paramètres et augmentait les niveaux de 17β-estradiol et de testostérone.
Il convient de noter certaines limites méthodologiques de l'étude Naghii : l'échantillon était petit (8 sujets), il n'y avait pas de groupe placebo, et les résultats n'ont pas été répliqués dans un essai à grande échelle. Cependant, la cohérence des résultats avec les données de Nielsen et les études observationnelles épidémiologiques montrant une corrélation entre l'apport en bore alimentaire et les niveaux de testostérone renforce la plausibilité de ces effets. Des recherches complémentaires avec des échantillons plus importants et un design contrôlé sont nécessaires pour confirmer ces résultats prometteurs.
Dosage optimal du bore
Le dosage optimal de bore pour l'optimisation de la testostérone se situe entre 6 et 10 mg par jour, selon les données cliniques disponibles. L'étude de Naghii (2011) a utilisé 10 mg/jour, ce qui constitue le dosage le mieux validé. L'EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments) a fixé l'Apport Maximal Tolérable (AMT) à 10 mg/jour pour les adultes, ce qui signifie que le dosage cliniquement efficace se situe exactement à la limite supérieure de sécurité. Un dosage de 6 mg/jour constitue un compromis raisonnable entre efficacité et marge de sécurité.
Plusieurs formes de bore sont disponibles en supplémentation, avec des différences de biodisponibilité significatives. Le glycinate de bore (bore lié à la glycine) offre une excellente absorption et une bonne tolérance digestive. Le citrate de bore est une forme courante avec une bonne biodisponibilité. Le fructoborate de calcium (FruiteX-B) est la forme brevetée utilisée dans l'étude Naghii, naturellement présente dans les fruits et légumes. L'acide borique inorganique est la forme la moins coûteuse mais potentiellement la moins bien tolérée au niveau digestif.
Le protocole de prise recommandé est simple : une seule prise de 6 à 10 mg de bore le matin avec le petit-déjeuner. Le bore ne nécessite pas de cyclage spécifique car il n'induit pas de désensibilisation des récepteurs. Toutefois, certains pratiquants alternent des semaines à 10 mg et des semaines à 3 mg pour rester dans les limites de sécurité à long terme. Le bore est bien absorbé avec ou sans nourriture, mais la prise avec un repas réduit le risque de légère irritation gastrique.
Pour maximiser les bénéfices hormonaux, le bore s'associe idéalement avec le D-acide aspartique (DAA) qui stimule la production de LH et de testostérone, et avec le zinc (30 mg/jour) qui est un cofacteur essentiel de la 5-alpha-réductase et de l'aromatase. Cette triple synergie bore + zinc + DAA couvre trois mécanismes complémentaires : libération de la testostérone liée (bore), stimulation de la production (DAA) et support enzymatique (zinc). Le stack testostérone naturelle intègre ces trois éléments dans un protocole optimisé.
Sources alimentaires de bore
Le bore est présent dans de nombreux aliments d'origine végétale, mais les concentrations varient considérablement en fonction du type d'aliment, de la qualité du sol et des méthodes de culture. Les fruits secs sont les champions incontestés : les raisins secs contiennent environ 4,5 mg de bore pour 100 g, les pruneaux 2,7 mg, les abricots secs 2,1 mg et les dattes 1,1 mg. Quelques poignées de fruits secs quotidiennes peuvent contribuer significativement à l'apport en bore.
Les noix et graines constituent la seconde catégorie la plus riche : les amandes apportent 2,8 mg/100g, les noisettes 2,8 mg, les noix de cajou 1,2 mg et les cacahuètes 1,8 mg. Les légumineuses sont également une bonne source : haricots blancs (1,4 mg/100g), lentilles (0,7 mg) et pois chiches (0,7 mg). Parmi les fruits frais, l'avocat se distingue avec 2,1 mg/100g, suivi des pommes (0,3 mg), des poires (0,3 mg) et du raisin (0,5 mg).
Malgré cette présence dans l'alimentation, l'apport moyen en bore dans les régimes occidentaux est estimé entre 1 et 3 mg par jour, bien en dessous des 6 à 10 mg nécessaires pour les effets sur la testostérone. Les régimes riches en fruits, légumes et noix (méditerranéen, végétarien) apportent naturellement plus de bore (3 à 5 mg/jour), mais restent insuffisants pour atteindre le seuil hormonal optimal. Seule une alimentation très riche en fruits secs (100 g de raisins secs = 4,5 mg) combinée à des noix pourrait approcher les 6 mg/jour.
L'eau potable peut constituer une source significative de bore dans certaines régions géographiques. Les eaux riches en bore (supérieures à 1 mg/L) se trouvent principalement dans les régions volcaniques et les zones de sources chaudes. La teneur en bore de l'eau du robinet varie de 0,01 à 0,3 mg/L dans la plupart des villes européennes, ce qui reste une contribution marginale. En pratique, la supplémentation reste le moyen le plus fiable et le plus pratique d'atteindre les 6-10 mg quotidiens nécessaires à l'optimisation de la testostérone libre et de l'équilibre testostérone/estradiol.
Synergie avec le zinc et le magnésium
La synergie entre le bore, le zinc et le magnésium constitue l'un des protocoles les plus puissants pour l'optimisation naturelle de la testostérone. Ces trois minéraux agissent sur des mécanismes complémentaires de la stéroïdogenèse et du métabolisme hormonal, créant un effet multiplicateur lorsqu'ils sont combinés. Le zinc est un cofacteur essentiel de l'enzyme 17β-hydroxystéroïde déshydrogénase qui convertit l'androstènedione en testostérone, et de la 5-alpha-réductase qui convertit la testostérone en DHT.
Le magnésium influence la testostérone par sa capacité à réduire la liaison de la testostérone à la SHBG, un mécanisme similaire à celui du bore mais par une voie différente. L'étude de Excelmayer et al. (2011) a montré que les hommes avec les apports en magnésium les plus élevés avaient des niveaux de testostérone libre significativement supérieurs. Le magnésium est également un cofacteur de plus de 300 enzymes, dont celles impliquées dans la production d'ATP mitochondrial, essentiel à la synthèse hormonale dans les cellules de Leydig.
Le protocole de synergie optimale recommandé associe : bore (6-10 mg/jour, le matin), zinc (25-30 mg sous forme de bisglycinate ou picolinate), et magnésium (300-400 mg sous forme de bisglycinate, thréonate ou malate). L'ajout de vitamine B6 (P5P, 10-20 mg) complète ce protocole en facilitant l'absorption du zinc et du magnésium et en participant au métabolisme des neurotransmetteurs liés à la libido. Ce protocole correspond essentiellement à un ZMA augmenté par l'ajout de bore.
En termes de timing, le bore se prend le matin pour profiter de son effet sur la testostérone diurne, tandis que le magnésium et le zinc sont optimaux le soir avant le coucher (sous forme de ZMA) pour soutenir la production nocturne de testostérone qui se produit pendant le sommeil profond. Cette chronobiologie de la supplémentation maximise l'exposition hormonale sur 24 heures. Le bore à faible coût est l'ajout le plus rentable à tout protocole existant de boosting hormonal naturel.
Questions Fréquentes sur le Bore et la Testostérone
Le bore augmente-t-il vraiment la testostérone ?
Oui, l'étude de Naghii et al. (2011) a montré une augmentation de la testostérone libre de 28,3 % et une réduction de l'estradiol de 39 % après 7 jours à 10 mg/jour. Le bore agit en réduisant la SHBG et en inhibant l'aromatase, libérant davantage de testostérone biodisponible.
Quel est le dosage optimal de bore ?
Le dosage optimal est de 6 à 10 mg par jour. L'étude de Naghii utilisait 10 mg/jour. Commencez à 3 mg/jour pendant une semaine, puis augmentez à 6-10 mg. Les formes les plus biodisponibles sont le glycinate de bore, le citrate de bore et le fructoborate de calcium.
Dans quels aliments trouve-t-on du bore ?
Les sources les plus riches sont les raisins secs (4,5 mg/100g), les amandes (2,8 mg), les avocats (2,1 mg) et les pruneaux (2,7 mg). L'apport alimentaire moyen (1-3 mg/jour) est insuffisant pour les effets hormonaux. La supplémentation est recommandée.
Le bore réduit-il les estrogènes chez l'homme ?
Oui, l'étude Naghii a montré une réduction de 39 % de l'estradiol en 7 jours. Le bore inhibe l'aromatase, limitant la conversion de la testostérone en estrogènes. Cette double action (+ testostérone libre, - estradiol) est particulièrement bénéfique pour les hommes en surpoids.
Le bore a-t-il des effets secondaires ?
Le bore est très bien toléré à 6-10 mg/jour. L'AMT fixé par l'EFSA est de 10 mg/jour. Les effets secondaires sont extrêmement rares et se limitent à de légers troubles digestifs. Ne dépassez pas 20 mg/jour. Les formes organiques (glycinate, citrate) sont mieux tolérées que l'acide borique.
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